Preface de Guy DEUTSCHER

Cet ouvrage, sur un sujet déjà très débattu, est original à plusieurs titres. Tout d’abord, sans nier la sévérité du problème, il est globalement positif et optimiste. Il se place d’emblée dans une perspective d’inspiration biblique où les difficultés sont là pour être résolues, et où l’action est possible à tous les niveaux, individuels, locaux, nationaux ou supranationaux – aucune n’est à rejeter car toutes ces approches peuvent être utiles. Elles vont de l’approche globale plutôt catastrophiste (les conférences COP et les rapports du GIEC sur le climat), qui ont le mérite d’alerter l’opinion, à celle des climato-sceptiques éduqués qui font remarquer que notre compréhension des mécanismes climatiques est encore très imparfaite, en passant par l’approche nationaliste du chacun pour soi qui prend en compte les conditions locales très différentes d’un pays à l’autre. Toutes sont résumées et présentées de façon claire et objective, avec de nombreuses références. Au lecteur de comprendre les différents points de vue et leurs limites, sans céder au dogmatisme.

Les auteurs insistent sur le fait que les problèmes posés par le dérèglement climatique et la détérioration de l’environnement sont éminemment complexes. Ils ne peuvent être réduits à un seul paramètre, fût-il essentiel, tel que la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre, ce que l’on pourrait croire en suivant les conférences COP et les rapports du GIEC. Les auteurs font ressortir que les pays les plus pauvres sont davantage concernés par des problèmes plus immédiats tels que le manque d’eau douce, la pollution, la déforestation et l’appauvrissement des sols, que par les projections à l’échelle du siècle sur l’évolution des températures.  Ce sont là, en Afrique et en Asie, des problèmes avérés qui affectent d’ores et déjà la vie de centaines de millions d’hommes dans de nombreux pays. La voix de ces pays n’est pas assez entendue, et leurs efforts locaux dont les auteurs ont une connaissance détaillée de première main sont malheureusement peu soutenus, tandis que des sommes considérables sont investies dans la transition énergétique des pays développés pour parer à une augmentation prévue des températures à plus long terme.

Soutenir ces programmes locaux passionnants, dont nombre d’exemples sont donnés dans cet ouvrage, serait pour les pays développés un excellent investissement.

 

Guy Deutscher, physicien, ancien Président du Comité Exécutif pour la Supraconductivité de l’Agence Internationale pour l’Énergie. Il a introduit la thèse selon laquelle c’est un excès d’entropie qui est à l’origine du bouleversement climatique. Auteur de Quelle croissance pour un monde fini ? publié par les éditions EBP Science  

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